Du design pour les femmes

Depuis que je me spécialise en neurodesign, je réalise que mon travail dépasse largement le choix des matériaux ou l'aménagement d'une pièce. Comprendre l'humain pour créer des espaces qui lui font du bien m'amène naturellement à m'intéresser à la psychologie, aux comportements et à la façon dont notre environnement influence notre quotidien.

Ces dernières années, en tant que femme, maman et entrepreneure, j'ai moi-même ressenti le besoin de ralentir et de mieux me comprendre. Je me suis plongée dans des lectures sur la femme : son histoire, ses forces, son évolution... et, sans vraiment le chercher, je me suis mise à réfléchir à sa place dans la maison.

Évidemment, cette réalité n'est pas la même pour toutes. Chaque femme vit son quotidien différemment. Mais au fil de mes projets, une tendance revient souvent.

Nous sommes nombreuses à être le cœur de l'organisation familiale. Nous pensons aux repas, aux horaires, aux anniversaires, aux sacs d'école, aux petits détails qui font que la maison tourne rond. Nous avons ce réflexe presque instinctif de prendre soin des autres.

Et parfois... on part magasiner pour soi, puis on revient avec des vêtements beaucoup trop mignons pour les enfants. Je suis certaine que plusieurs se reconnaîtront.

Puis un jour, je me suis posé une question toute simple.

Où est notre espace?

Dans plusieurs maisons, chacun finit par avoir son coin. Les enfants ont leur salle de jeux ou leur chambre qui évolue avec eux. Certains auront un atelier, un garage ou une pièce pour pratiquer leurs passions. Et c'est merveilleux. J'aime voir une maison répondre aux besoins de ceux qui l'habitent.

Mais je remarque que les femmes sont souvent les dernières à réclamer un espace pour elles.

Comme si leur place était un peu partout... sans jamais être vraiment à elles.

Pourtant, je rêve de voir plus de maisons où une femme s'autorise à avoir son propre refuge.

Pas nécessairement une grande pièce. Juste un endroit où elle peut être pleinement elle-même.

Son espace de maquillage et de soins corporels. Un coin yoga. Un espace pour la réflexion personnelle et l’écriture. Une table où peindre. Un piano. Un petit atelier créatif. Un jardin. Peu importe la forme que prend cet espace.

Ce qui compte, c'est qu'il lui ressemble.

En neurodesign, on parle souvent du sentiment d'appartenance. C'est un besoin fondamental. Nous avons tous besoin de sentir qu'un lieu raconte quelque chose de nous, qu'il nous accueille et qu'il nous ressemble.

Dans une maison familiale, plusieurs espaces sont naturellement partagés. La chambre principale, par exemple, représente le couple. Le salon rassemble toute la famille. Ces pièces racontent une histoire commune.

Ce n'est pas une question de mètres carrés. C'est une question d'intention.

Un espace où l'on peut souffler sans avoir l'impression de devoir être productive. Où l'on nourrit sa créativité, son intuition, son calme. Un endroit qui nous rappelle que nous existons aussi en dehors de nos nombreux rôles.

Et je trouve cette idée profondément belle.

Parce que prendre sa place ne veut pas dire en enlever aux autres.

Au contraire.

Quand on se sent bien chez soi, quand on a un endroit qui nous ressource vraiment, on retrouve de l'énergie. On revient plus disponible, plus créative, plus présente.

Au fond, c'est aussi ça, le neurodesign.

Concevoir des maisons qui prennent soin de toute la famille… sans oublier celle qui en prend souvent soin.

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